Nous sommes le 16 octobre de l’année 2009, à 64 jours à peine de la conférence internationale sur le climat de Copenhague. Cette année se doit d’être décisive dans notre lutte contre le réchauffement climatique ! C’est sur ce principe que nous venons d’adopter à l’unanimité le vœu pour l’Ultimatum Climatique.

Pour réussir le rendez-vous de Copenhague, nous avons besoin que les collectivités s’engagent. Elles concentrent 70 % de gaz à effet de serre et sont l’échelle d’action la plus pertinente pour faire de la réduction de nos émissions de CO2 une réalité.

Fort de cette responsabilité, nous avons à Nantes et Nantes Métropole, engagé des actions fortes pour réduire notre empreinte écologique. Et ce, à travers toutes nos politiques publiques. Dès 2006, nous avons adopté un Plan Climat ambitieux, que nous sommes, en vue des enjeux actuels, en train d’actualiser. Le rendant encore plus efficace et performant. C’est avec la même détermination que nous avons mis en œuvre un Plan d’Actions Energie, avec des exemples de réalisations concrètes comme la centrale photovoltaïque, les réseaux de chaleur au bois ou les efforts financiers dégagés pour diminuer la facture énergétique des ménages. Avec la révision du plan de déplacements urbains nous faisons de même. Nous valorisons les actions déjà engagées de transports en commun et poursuivons notre effort pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Car c’est un fait : en voiture nous émettons 1,5 fois plus de CO2 qu’en transport en commun et infiniment plus encore que si nous prenions notre vélo.

Nos actions sont cohérentes, engagées et volontaires sur notre territoire. Nous allégeons, grâce à nos politiques publiques, la facture énergétique de notre collectivité.

Le projet d’un nouvel aéroport ne nous semble donc pas rentrer dans la logique qui pourtant anime notre action à Nantes.

J’irai même plus loin : ce projet est incohérent. Pour preuve, les mêmes associations environnementales qui nous demandent aujourd’hui de signer l’Ultimatum Climatique pointent du doigt le projet de Notre Dame des Landes comme l’un des principaux projets gouvernementaux « grenello-incompatibles ».__ Il est surtout totalement contraire avec la négociation d’objectifs ambitieux fixés à Copenhague.

Je ne peux donc que m’étonner de nous trouver, ce même jour, en train de débattre d’un projet de nouvel aéroport décrié par les environnementalistes et datant des années 70.

On voudrait nous faire croire à un relooking moderne de ce projet en construisant un aéroport HQE. Mais la peinture verte risque de bien vite s’écailler… Soyons sérieux : un aéroport HQE, « c'est comme un kouign-amann sans beurre : un leurre ». L’optimisation de l’existant est la base du développement durable. C’est à la fois une économie de moyens, d’énergie et d’espace. Il ne reste plus que quelques kilomètres de ligne de tramway à prolonger pour relier le réseau existant à l’aéroport Nantes Atlantique. Combien de km pour rejoindre Notre Dame des Landes ?

Nicolas Sarkozy ferait donc mieux de donner un mandat clair et ambitieux à la délégation française pour Copenhague que de s’aventurer sur le maintien d’un projet écologiquement et financièrement effarant.

L’écologie politique sait interroger notre modèle de développement. Elle apporte des réponses nouvelles aux nouveaux défis auxquels nous sommes confrontés. Il nous semble urgent de faire progresser notre société vers une sobriété énergétique, d’aller de l’avant et d’œuvrer pour une transformation écologique de notre économie. Ce projet est un bon exemple de deux conceptions différentes que nous pouvons avoir de l’aménagement du territoire et de notre modèle économique et des réponses à apporter aux crises qui nous touchent.